Cultiver le LÂCHER PRISE : pour soi et pour les autres.

Cultiver le LÂCHER PRISE : pour soi et pour les autres.

Être ou mieux être : telle est la question du lâcher prise !

Comment calmer les assauts incessants de nos pensées qui tournent en boucle ?
En quoi le lâcher-prise me permet d’être plus proche de moi ?
Dans quelle mesure, ce lâcher-prise contribue à améliorer ma relation à l’autre ?
Pour quelle raison, le fait de développer mon lâcher-prise m’aide à naviguer plus sereinement dans le courant de la vie ?

Connaissez-vous l’histoire du singe et de la noix de coco ? :

« On raconte dans certain pays d’Asie, que les chasseurs ont coutume de piéger les singes en mettant dans une noix de coco évidées ayant une petite ouverture- dont la taille permet à un singe d’y glisser juste sa main-, une friandise dont les singes raffolent. Les chasseurs attachent solidement la noix de coco au sol ou dans un arbre, puis ils se cachent. Un petit singe curieux, remarque le trou et repère ce qu’il y a à l’intérieur. Gourmand, il introduit sa main pour attraper ce qui est à l’intérieur mais au moment ou le singe souhaite sortir sa main, le poing fermé enserrant la nourriture, c’est impossible. Le trou est trop étroit. À ce moment- là, il voit les chasseurs arriver. Il a compris qu’il est en danger, qu’il va se faire capturer. Il lui suffirait de lâcher la nourriture et il pourrait retirer sa main. Ne voulant pas lâcher ce qu’il a saisi il reste prisonnier et se fait attraper. »
Cette métaphore symbolise bien la notion de lâcher-prise. Comme le petit singe, nous restons parfois prisonniers de nos pensées, nos croyances, nos fonctionnements. Nous avons besoin régulièrement de nous observer et de nous voir agrippés à notre friandise pour peut être ensuite accepter de lâcher la prise ! Autrement dit, lâcher notre enfermement, faire le deuil de ce à quoi nous sommes attachés.

Consentir à ne rien contrôler

Notre grande difficulté sera de consentir à ne rien contrôler, à ne rien prédire, à ne rien anticiper. Le contrôle fait partie de notre système d’évitement. Ce système d’évitement, nous l’avons construit, lors de notre enfance et notre adolescence, pour nous protéger du monde extérieur. Nous avons dressé notre mental comme un chien de garde. C’est notre armure, notre ego. Mais à présent, adulte, il nous empêche d’être proche de nous. En nous protégeant des autres nous nous coupons de nous-mêmes. Derrière le contrôle se cachent des croyances et des peurs d’enfant, liées à notre référentiel du passé  : la peur de mourir de honte, la peur d’exposer ses fragilités, la peur d’avoir peur, la peur d’être dominé, la peur de ne pas être assez bien, la peur de l’erreur, la peur d’être humilié, la peur de pas être aimé… Bien souvent ces peurs ne sont que le fruit de nos projections. Nous créons nos propres peurs. Notre peur de l’inconnu est lié au fait que nous anticipons ce qui va se passer en créant des scénarios négatifs. Nous regardons la vie à travers le rétroviseur de notre passé, avec la peur perpétuelle de revivre des expériences douloureuses. Ces projections négatives nous bloquent, nous inhibent, nous empêchent de vivre pleinement notre vie et d’être vraiment nous-mêmes. Nous avons à apprendre à vivre en déprogrammant notre référentiel du passé. Pour ce faire, nous avons à expérimenter la vie dans le « ici et maintenant , ce qui sous entend de ne pas être mentalement dans une forme de jugement, de renoncer à prédire le résultat, d’arrêter d’anticiper de potentiels scénarios « catastrophes ».

Apprivoiser notre reptilien

Ce système de protection est un réflexe primitif. Il remonte à l’époque où l’homme devait sans cesse être en hyper-vigilance pour déjouer les dangers.
Le problème c’est que notre cerveau ne fait plus la différence entre la perception d’une menace à la survie et la perception d’une menace à notre ego. Notre cerveau déclenche la même réaction de stress qu’il y a des milliers d’années lorsque nous nous trouvions face un animal dangereux. Notre cerveau privilégie de mettre l’attention sur ce qu’il perçoit comme une menace. Imaginons que que vous discutiez avec une personne et que ce dernier fronce les sourcils en vous parlant, il se peut que votre reptilien lance alors une alerte de menace « Danger ! Danger ! Froncement de sourcils». Notre ego alors va faire une interprétation négative « il ne me croit pas ! ou Il me prend pour un imbécile ! ou…etc » . Mon attention se détourne de mon interlocuteur et se porte sur mon discours intérieur. Je ne suis plus en lien avec lui. Si je m’identifie à ma pensée, je peux rentrer en mode lutte ou en mode fuite. Nous avons à apprendre à dompter avec douceur notre mental, à rassurer et apprivoiser notre reptilien et notre ego pour qu’il cesse de nous harceler avec ses jugements, ses pensées négatives, ses peurs, sa volonté de vouloir tout contrôler et de comprendre. Notre cerveau associatif – jouant un rôle déterminant dans les opérations complexes du traitement de l’information et des processus cognitifs- est souvent perturbé dans son fonctionnement si notre cerveau reptilien n’est pas au repos Il s’agit de créer les conditions favorables pour qu’il accepte de baisser la garde et de se mettre à notre service.

L’attention ne peut pas être à deux places en même temps!

Si j’écoute quelqu’un et qu’en même temps je pense « tiens il ne s’est pas rasé aujourd’hui, ça fait négligé… ». Mon attention se détourne de la conversation et se porte sur mon discours interne. Notre esprit est envahi de pensées, c’est un tapage permanent. Une étude récente démontre que 80% de nos pensées sont négatives. Si nous nous laissons summerger par cette agitation mentale, cela nous crée des réactions d’inconfort, de souffrance et nous ne pouvons pas développer notre potentiel.
C’est un entraînement de l’esprit, cela demande une discipline. Serge Marquis nous rappelle que le mot DISCIPLINE vient du mot latin discere, qui veut dire « apprendre ». Intéressant de se rappeler le sens originel de ce mot ! Chaque jour j’apprends à observer où est mon attention et à revenir au présent.

Besoin de changer son regard sur l’erreur.

Nous avons à dépasser notre propre « juge-ment » sur l’erreur. Adulte, nous n’avons plus la patience que nous avions enfant. Pourtant, il nous a fallu beaucoup de temps et de chutes avant d’apprendre à faire du vélo. Adulte, pris par notre égo, nous voudrions arriver tout de suite à la réussite sans passer par la case « erreur ». Si nous refusons l’erreur, nous refusons alors d’apprendre, de grandir, de changer, d’évoluer. Régulièrement, nous avons à nous rappeler « qu’il n’y a pas d’apprentissage sans erreur ». Réhabiliter le droit à l’erreur ! Si nous prenons l’erreur comme une faute nous nous sentons coupables. L’idée est de vivre l’erreur comme un enseignement et qu’elle nous rende juste responsables .

Les bénéfices

Lâcher-prise demande d’accueillir ce qui se présente à nous, sans juger ni contrôler. C’est s’accepter tel qu’on est, avec ses qualités et ses défauts. C’est arrêter de perdre de l’énergie à lutter. C’est accepter les évenements tels qui se présentent. C’est se faire suffisament confiance. Développer cette capacité, c’est gagner en fléxibilité et en confiance en soi. Pour ce faire, nous sommes invités à accepter d’aller vers l’inconnu. Cette posture pourra nous montrer que nous pouvons faire confiance en notre capacité de créer, d’inventer, d’imaginer avec ce qui se présente sur le moment. C’est donc limiter son stress, son anxiété face à l’imprévu. C’est gagner en écoute de soi et également en écoute de l’autre. Lorsqu’on accepte de faire un pas dans cette obscurité, on prend le risque d’exister.