Les relations triangulaires :

J’avais envie de vous parler des éventuels écueils lors des relations triangulaires. À ce propos, je vous avais évoqué succinctement dans ma newsletter de juillet, que durant mes ateliers clown à l’Espace Jardiner Ses Possibles, il m’était arrivé d’avoir plusieurs fois à encadrer 3 stagiaires. Dans le travail du clown comme dans la vie, ce chiffre n’est pas simple pour que les relations humaines soient fluides.

En effet, à trois, les échanges peuvent être plus compliqués. La conversation peut involontairement se réduire à deux personnes, devenant, pour ainsi dire, une relation exclusive où la troisième se fait le spectateur de la scène. Ce contexte peut donner l’impression à la troisième personne d’être sur “la touche” sans qu’il y ait une volonté des protagonistes de l’exclure. Pour peu que cette troisième personne ait une problématique de non-existence, ce type de schéma interactif peut réactiver cette blessure. De telle sorte que si cette dernière ne se sent pas inclue – par des regards ou/et des paroles – elle peut penser qu’elle est transparente, qu’elle n’est pas intéressante… Le problème, c’est qu’en pensant de la sorte c’est comme si, “elle se jetait un sort”. Du coup, elle vit mal la situation et ne sait que faire pour être prise en compte. Inconsciemment, elle risque alors d’adopter des comportements qui vont alimenter le processus. Autrement dit, elle peut se replier sur elle même, être agressive, être confuse lorsqu’elle aura à parler, être jalouse et émettre dans ses pensées du jugement… Ces réactions vont, pour ainsi dire, accentuer le phénomène et c’est le chat qui se mord la queue.

Je pense que dans un trio relationnel, il est plus prudent que les trois parties prennent en considération ces obstacles dans la communication et s’emploient à les déjouer. De mon point de vue, ce phénomène jaillit fréquemment et à notre insu. Il importe à chacun de savoir laisser et prendre sa place de manière juste. Cela demande de se mettre de temps en temps en mode “vue d’avion”, en temps de pause et d’écoute de soi et des autres.

Pour finir, méditons sur ce que nous disait l’humoriste Raymond Devos : “Il buvait toutes mes paroles, et comme je parlais beaucoup, à un moment, je le vois qui titubait…”.