A propos de Sophie Gaillard

M’amuser avant tout :

Lorsque j’étais enfant, je m’embêtais à l’école . Moi, la seule chose qui m’intéressait, c’était de retrouver mes copains pour… M’amuser.  À la dernière sonnerie, signifiant la fin de l’interminable journée d’école, je m’enfuyais vite fait. Je cavalais à un rythme effréné pour aller jouer et oublier.

Jouer à grimper dans les arbres.  Courir sur le muret. Me prendre pour Robin des bois ou pour un grand sage Indien. Dévaler à vélo la grande pente du château d’eau. M’aventurer dans les maisons abandonnées…

 

Le judo et le théâtre, deux rencontres incroyables :

À l’adolescence, période difficile où je me suis de plus en plus renfermée, seul le sport me rendait vivante. J’avais découvert le judo et Maître Coco. Une sorte de Sansaï qui réussissait à enseigner le judo comme une philosophie de vie, avec un code moral très fort. Elle m’a appris ce qu’était l’éthique.  Par intermittence, elle illuminait ma vie.

Un jour j’ai rencontré le théâtre en colonie de vacances. Cela a été d’une puissance incroyable.  Dès les premiers exercices, j’ai ressenti une puissance en moi, une énergie de vie, un truc de dingue ! Là, j’osais être, j’osais faire, je n’étais plus terrorisée par le regard de l’autre. J’arrivais à rester concentrée et à réaliser la consigne sans éclater de rire. Je jubilais de faire une personne en colère ou apeuré ou … J’adorais parcourir les différentes palettes d’émotions. Une chose avait changé : j’avais touché mon énergie de vie. Au fond du fond du fond de moi, je savais. Je savais qu’il existait en moi une sacrée puissance.

 

La compétition…mais le jeu me manque :

Cette puissance, je l’utilisais dans le judo, lorsque je faisais de la compétition à haut niveau. Je la mettais au service du combat. J’avais conscience qu’en me concentrant, je pouvais avoir un pouvoir sur mon corps. La compétition a certes contribué à m’incarner et à me valoriser, mais elle n’était pas joyeuse. Mon corps était mon outil, j’étais peu à l’écoute de lui et je le malmenais souvent. Tristes, sans jeux et douloureux, les entrainements étaient ennuyeux, répétitifs et assez militaires. Je m’étais coupée de mes émotions.

 

Entraîner les groupes avec le Jeu :

Un jour, j’ai quitté le centre d’entrainement de haut niveau et je suis devenue entraineur de judo pour jeunes adolescents-compétiteurs. Ce qui me passionnait dans les entraînements, c’était d’introduire des situations d’apprentissage ludiques. J’étais persuadée qu’on pouvait obtenir des jeunes qu’ils s’entrainent tout en s’amusant : Jouer et se dépasser. S’entrainer joyeusement. Le contraire de ce que j’avais vécu en tant que compétitrice. Sur le bord du tapis, je sentais que j’étais capable de les rassurer, de trouver les mots justes pour les accompagner. Je percevais à quel point j’arrivais à ce qu’ils se transcendent et à ce qu’ils se dépassent. C’est à partir de ce moment là ou j’ai vraiment senti au fond de moi que j’aimais transmettre et accompagner. Je réalisais que j’avais à la fois une facilité et un potentiel pour aider les jeunes à progresser.

À cette époque-là, j’étais également professeur d’EPS. Dans ce métier, que j’ai toujours souhaité faire, ce que j’aimais et ce qui m’animait, c’était d’aider les jeunes à progresser, à grandir, à découvrir leur potentiel, à avoir davantage confiance en eux, à apprendre dans le plaisir.

 

Le clown : une révélation

J’ai également recroisé le théâtre. Les sensations ont été aussi fortes que la première fois. Je vivais intérieurement des émotions hyper-puissantes. C’était incroyable. Je me découvrais un potentiel insoupçonné : ma capacité à créer. Le théâtre me faisait découvrir que j’avais une imagination débordante, que j’avais une facilité à inventer, à improviser.  Le théâtre me permettait de me reconnecter à mon enfant libre, à mes émotions, à ma sensibilité, à mes sens. Je retrouvais des sensations oubliées de gaité, de liberté, d’insouciance, d’imagination. J’ai fait partie d’une compagnie de théâtre amateur passionnée. J’ai enchainé les stages de théâtre, de masque, de clown, de danse, de chant avec boulimie…

Mais la rencontre avec le travail du clown a été encore plus forte. Le travail du clown m’a permis de me connecter davantage à mes émotions, de m’autoriser à les vivre et à les faire circuler. L’accès  à mon  ressenti en était facilité. En étant attentive à mes sensations corporelles, en acceptant le lâcher prise, j’accédais à mon intelligence créative. Pour cela, il s’agissait d’accepter un instant de ne plus me prendre au sérieux, de ne plus me regarder faire, de ne plus me juger, mais simplement d’« être », « ici et maintenant ».

Je suis entrée au conservatoire régional d’art dramatique avec un engagement total. Je sentais à quel point ces activités d’expression me faisaient du bien. Je me sentais vivante. Je me voyais me transformer, m’ouvrir au monde, avoir plus de facilités à communiquer.

Ma quête de mieux être s’est également inscrite dans une démarche de travail sur moi-même. Parallèlement à ma pratique artistique-thérapeutique, je me suis engagée dans un cursus de stage en développement personnel, notamment avec l’organisme de formation FORMAREP. Mon évolution personnelle et mes compétences sont nées de ces deux cheminements.

 

Une pédagogie de groupes créative :

Les premiers symptômes de transformation sont apparus sur ma manière d’enseigner. J’étais à l’aise, simple face aux jeunes. Mon autorité devenait naturelle.  J’étais beaucoup plus à l’écoute des comportements et fonctionnements des uns et des autres. J’étais capable de modifier une situation d’apprentissage en fonction de leurs réactions afin d’en créer une nouvelle plus adaptée. Ma pédagogie s’adaptait au potentiel de chacun. Elle s’actualisait à leur rythme d’apprentissage. En outre, les outils théoriques que j’avais acquis au cours des formations sur « le développement des capacités comportementales et relationnelles », « l’analyse transactionnelle », « le positionnement de l’autorité », et « la gestion des conflits » me fournissaient des moyens facilitant la gestion de classe.

 

Un parcours complet et unique qui me permet aujourd’hui de rassembler toutes mes compétences :

Chemin faisant, le lien entre le sport, le théâtre, le clown et l’aisance de communication face à un groupe prenait tout son sens et devenait une évidence.  La recherche sur cette transversalité et les moyens de la faire acquérir à d’autres personnes est devenue désormais une véritable passion.  Cette aventure a commencé en 2002, où j’ai mené  mes premières interventions  dans le domaine de  « la communication et l’aisance relationnelle » auprès d’animateurs sportifs en formation au CREPS du Limousin, puis auprès d’étudiants de l’IUFM de Limoges.

Depuis cinq ans maintenant, je suis comédienne et formatrice. L’ensemble de mon expérience  me permet de proposer des formations à différents publics  moyennant des méthodes actives et interactives  variées.  J’anime des ateliers théâtre auprès de jeunes. J’amène les participants à travailler sur des savoir-être et savoir-faire fondamentaux et transversaux, favorables à leurs apprentissages et à leur vie quotidienne tels que : l’estime de soi, la concentration, la communication. Je dispense des formations gestion du stress pour des salariés du secteur public et privé. Je réalise des actions de formation en partenariat avec les organismes  Bienveillance (dédié aux acteurs de l’éducation), avec SOCOTEC (expert en maîtrise des risques) et également avec  Sport Value formation (dédiée aux acteurs du sport). Les thématiques que je propose concernent l’émulation et la cohésion de groupes,  l’autorité saine et bienveillante dans  la gestion de groupes, la gestion des conflits, la gestion de la violence, l’accompagnement dans l’aisance de la prise de parole et l’amélioration des techniques de communication et de la relation aux autres.

À présent, j’anime des stages de clown pour adulte visant à développer la confiance en soi et en l’autre, le lâcher prise, la capacité d’engagement et l’intelligence des sens. J’amène les participants à dépasser leurs blocages.